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 My happy little pill (ft. Elwin)

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ft. : David Mazouz


MessageSujet: My happy little pill (ft. Elwin)   Jeu 27 Déc - 18:58


Tandis que tu quittais la salle de bain, tu te frottais lentement les yeux. Vêtu d'un jean et d'un sweat, ton intention était claire. Depuis que tu t'étais réveillé vers cinq heures du matin, tu avais du mal à quitter ton esprit. Fixant tes étoiles, tu tentais de te raccrocher aux moindres pensées qui traversaient ton être pour ne pas sombrer dans le vide de ce dernier. Ce vide qui t'emplissait, récupérant la moindre parcelle de place occupée pour se l'octroyait. Et voilà comment tu pouvais te retrouver à passer des jours, étendu sur ton lit à osciller entre le vide et les sombres pensées qui ne te lâchaient pas dans ces moments-là. Ainsi, tu avais laissé passer quatre heures, immobile. Comme le sable glissant dans son étreinte de verre, tu avais laissé les secondes glisser sur toi sans jamais t'atteindre. Sans te troubler. Les yeux grands ouverts, fixant le plafond, le cœur battant anormalement vite, tu t'étais laissé absorber. Ce plafond noir sur lequel les étoiles ne brillaient plus pour tes pensées qui s'envolaient ailleurs. Dans la nuit, dans le silence de l'hôtel, plus rien ne semblait pouvoir troubler le calme. Parfois, tu te demandais si tu étais la seule âme éveillée et consciente de la bâtisse aux heures les plus sombres. Tu te questionnais sur l'apparence des couloirs vides et froids, désespérément noirs. Une atmosphère sombre que tu avais appris à apprécier, blotti dans le secret de tes draps, les seuls petits bruits de Citrouille troublant le silence. Dans le noir, tu ne voyais pas ces centaines de paires d'yeux angoissants, les yeux du reste du monde, fixés sur le moindre de tes gestes à la recherche de l'erreur, la faille. Voilà bien longtemps que tes peurs enfantines s'étaient effacées pour faire place aux terreurs bien plus glaçantes du monde réel.

Alors, pour ne pas déranger ton père tu t'étais levé quelques minutes après lui, t'enfermant dans la salle de bain. Tu aurais aimé te perdre sous l'eau chaude, en profiter un peu. Tu savais que tu étais malade, tu savais que tu devais te battre contre toi-même. Mais certaines jours, c'était tout simplement bien plus tentant, bien plus reposant de s'abandonner au vide, aux idées sombres. Le monde extérieur était tout simplement bien trop compliqué, bien trop effrayant pour que tu puisses l'affronter Heureusement, ces jours-là, les médicaments t'aidaient à tenir les angoisses de la maladie dans le lointain, plus ou moins. Pour ton estime, c'était une autre peur de manches, mais encore aurait-il fallu que tu prenne conscience que c'était bien là la dysthymie qui s'exprimait et non pas toi. Néanmoins, ce matin-là, la panique te saisit sans avoir de rapport avec le regard des autres pour une fois. Le cœur battant, tu fixais la plaquette. Vide. C'était impossible, il te restait au moins une plaquette pleine trois jours auparavant et tes prescriptions n'exigeaient pas que tu vides une plaquette en trois jours. Avec quatorze antidépresseurs par plaquette, il te fallait une semaine pour la vider ! Deux chaque matin, la prescription était la même depuis cinq ans maintenant pour être sûr que tu ne commettes pas d'erreurs, seul le dosage de molécules par cachet avait changé ! Les mains tremblant légèrement, tu fouillais nerveusement la trousse de toilettes puis ton propre sac. Rien. Rien ! C'était tout simplement impossible ! Tu jurais, ton cœur s'accélérant sous l'angoisse. Alors que ton père passait la porte de la chambre, revenant peut-être du petit-déjeuner, tu te tournais vers lui et déclarais, la voix chevrotante "-Papa, j'ai plus de cachets...". Tu avais envie de fondre en sanglots nerveux. Tu ne pouvais plus vivre sans tes cachets. Certains avaient besoin d'une béquille pour se déplacer, d'autres avaient besoin d'une prothèse pour bouger, toi tu avais besoin de tes cachets pour ne pas sombrer. Et, avec l'habitude, tu avais fini par totalement te reposer sur eux, laissant une grande partie de ton équilibre mental, déja peu stable, être géré par les substances chimiques.
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ft. : Jeremy Renner


MessageSujet: Re: My happy little pill (ft. Elwin)   Dim 6 Jan - 14:28

Tu pouvais crever pour lui, t’en était sûr. Et pourtant toi Elwin Siward-Clark tu n’étais pas sûr de grand chose dans ta vie. T’avais toujours peur de tout, peurs que t’avais certainement du refiler à la boule d’amour qui était certainement allongée dans son lit à l’heure qu’il est. T’as honte. Parce que tu te dis qu’il est certainement de cette façon à cause de toi, que si t’avais fait ton sac avant, que t’avais pris tes affaires, saisit sa main et que vous auriez fui chez ton frère avant et bien il ne serait pas comme ça aujourd’hui. Oh t’as pas honte de lui. Même avec la maladie qui ronge son corps, son esprit, il reste la personne que tu chérie le plus au monde, tu sais pertinemment que tu ferais tout pour cet enfant. Mais tout ce que tu es c’est lui t’en es sûr aussi.

T’es encore peu confiant lorsque t’es dans le réfectoire ce matin là, tu croises les regards connus, certains qui te font sourire tandis que d’autres te font soupirer. T’as surtout peur de tomber une nouvelle fois sur Jonas, t’as beau n’avoir rien contre lui, t’as un problème à manger des sandwichs maintenant. T’as soupiré en remplissant une petite assiette de restes, enfin, de restes. Tu ne te contentes pas de restes pour Noé, tu lui offres ce dont il a besoin. T’es pas le meilleur des parents, t’es loin de l’être, tu le sais particulièrement. Tu vois bien comment il est, parfait et pourtant si brisé. C’est certainement ta faute, parce que t’as pas été capable de l’aider comme t’as pas été capable de t’aider toi même. Parfois t’as honte, parfois t’y penses pas. 

Aujourd’hui t’y penses pas. Tu t’es retrouvé heureux. C’est rare, t’en es conscient, alors t’en profite. Tu fais genre que tout va bien. C’est ce foutu hôtel qui te fais croire que tout roule, que ça fait simplement trois jours que vous avez posez la tête sur les oreillers, que si tu voulais partir librement par les portes d’entrées tu pourrais. Mais toi t’as juste pas envie de partir non? Pourquoi tu le ferais? T’es bien ici? Non? T’as ta famille avec toi, ton frère qu’es dans une chambre un peu plus loin et ton fils dans sa chambre. Le gamin qui est si chaud, si agréable, cet enfant qui est tout pour toi. T’as l’impression déjà que depuis le temps il te manque. Tu l’as quitté depuis si peu de temps que c’est presque ridicule. 

Tu demande une assiette, des restes à la cuisine pour ton bonhomme, histoire que lui aussi puisse manger, qu’il puisse aussi être plein de force parce qu’il en a besoin autant que toi ici. Tu souris tandis que tu te trimballes avec l’assiette qui regorge de nourriture. Ils ne mentent pas sur les quantités ici. C’est presque ridicule ce petit sourire que tu as sur le visage mais t’es royalement content de pouvoir faire quelque chose pour lui tu sais que parfois il a l’impression que t’es pas pour lui alors qu’il est la seule chose qui compte pour toi.

C’est pour ça que ton coeur se brise lorsque tu pousses la porte de la chambre ce matin. Ton coeur se brise lorsque tu vois son petit corps paniqué, sa voix qui tremble, qui dit, appuie ses dires alors que tu devrais te douter qu’ils ne sont pas vrais, ils ne peuvent pas l’être, t’as juste envie de le prendre dans tes bras, de plus le laisser partir. Alors c’est ce que tu t’élances pour faire, dépose négligemment l’assiette sur le côté du canapé tandis que t’es déjà à genoux à côté de lui pour prendre ses mains. «Hey Noé, c’est bon, il doit en rester quelque part, on doit en avoir. C’est pas possible que tu n’en ai déjà plus.» Tu souris doucement, comme si vous parliez de bonbons, mais c’est pas des bonbons, c’est les cachets pour ton môme, ce qui le maintient debout chaque journée, ce qui le permet de survivre finalement. «J’en ai toujours en plus dans chaque objet que je traîne avec moi tu le sais.» Ta main caresse doucement sa joue, un petit sourire sur tes lèvres. «Tout va bien Noé d’accord?»
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ft. : David Mazouz


MessageSujet: Re: My happy little pill (ft. Elwin)   Dim 13 Jan - 18:46


Tu tentes de calmer ta respiration paniquée qui hache tes mots et tes larmes qui tentent d’atteindre tes yeux. Tu dois te montrer fort pour ne pas lui faire honte. Parce que les grands garçons ne pleurent pas, parce que tu es exaspérant quand tu pleures et sanglote. Parce que ton père te répète que tout va bien. Et que tu as confiance en lui. Tu as confiance en quelques personnes, mais lui il est sûrement la personne en qui tu as le plus confiance. Ce sont les autres qui ne peuvent pas se fier à toi. Tu hoquettes, tu tentes maladroitement de t’exprimer pour lui lister les endroits où tu as déjà l’idée de chercher. Mais il est vrai que ton père a toujours quelques plaquettes en réserve en cas d’urgence ou de problème, du moins c’était le cas à la maison et tu pries pour que ça le soit ici aussi. Alors tu hoches la tête pour signifier que tu as entendu, intégré, compris ses paroles. Un lourd frisson te parcoure, mélange de fatigue et de panique. Et heureusement, tu ne sais pas ce qui t’attends si vous ne retrouvez pas ces cachets. Car sinon tu serais bien plus paniqué encore. Mais non, tu ne t’es jamais retrouvé en situation de manque, ton père y a veillé. Et ton corps s’est accoutumé, ton cerveau se maintient à flot grâce à ces molécules intelligemment agencés. Mais les effets de manque ne devraient pas être connus, pas à ton âge, tout simplement car dans un monde idéal, de tels médicaments ne devraient pas être utilisés sur un enfant. Mais vous n’êtes pas dans un monde idéal et ici bas, ils sont nécessaires à ton équilibre. Alors tu fais avec, comme n’importe qui d’autre. Car les aléas de la vie, le hasard de la génétique, tout ça ne se contrôle pas.

Tu finis par réussir à lâcher dans un souffle « -J’ai déjà cherché dans mes affaires et dans la salle de bain, j’ai pas trouvé. ». Maladroitement tu tentes de caler ta respiration sur celle de ton père pour essayer de te calmer mais c’est vain, du moins les premières minutes. Tes inspirations et expirations se font anarchiques sans que tu n’y puisses rien, mais tu t’obliges tant bien que mal à persévérer dans tes efforts. Finalement tu parviens à te calmer plus ou moins et te diriges vers la valise de ton père. Bien sûr, tu ne vas pas fouiller dedans toi-même, tu as un minimum de respect. Mais ça te semblerais logique que les plaquettes se cachent là-dedans. Néanmoins, tu laisses ton aîné faire, restant planté debout, figé, immobile sur tes jambes à ne pas vraiment savoir quoi faire. Les bras ballants tu l’observes et te sens profondément inutile. C’est une sensation dérangeante mais à laquelle tu ne peux pas remédier dans l’immédiat. Alors tu tritures tes doigts, tu te perds dans tes pensées, toutes tournées autour de la même question. Question qui finit par passer tes lèvres. La retenir plus longtemps t’es impossible. « -Papa… Je fais quoi si il reste plus rien ? ». Parce qu’il a forcément une réponse, une solution sous le coude n’est-ce pas ? Tu te reposes sur ton père et peut-être que c’est mal. Mais tu es perdu, tu n’as jamais compris les paroles du médecin qui n’étaient pas adaptées aux oreilles de l’enfant que tu étais. Mais lui… Lui il doit savoir non ? Lui il a écouté les recommandations. De toute façon, il était bien le seul à pouvoir écouter. Ta mère n'aurait sûrement pas mis les pieds là-bas même si ta vie en dépendait. C'était bien trop honteux. Il fallait à tout prix cacher cela, cacher l'anormalité qu'elle avait engendrée. Cacher cet enfant qui préférait la compagnie de son lapin à celle des autres enfants. Qui aimait mieux rester des heures immobile sur son lit plutôt que faire des activités sportives, artistiques ou même aller jouer dehors comme les autres jeunes gens de son âge. Tu étais sa honte.
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